Comptables et comptabilités de la fin du Moyen Âge

- Codicologie, diplomatique, prosopographie

 

Coordinateur
Patrice Beck
Professeur d'histoire médiévale

Université de Lille 3
patrice.beck@univ-lille3.fr

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Projet global

Éditorial

L’importance des archives comptables médiévales conservées en Europe est bien connue : leur contenu a suscité et continue de nourrir nombre d’études d’histoire sociale, économique ou institutionnelle, d’histoire agraire, urbaine ou des techniques. À s’en tenir aux fonds bourguignons, ils ont fait écrire à Werner Paravicini qu’ils constituaient un bel « embarras de richesses » et le répertoire qu’en ont réalisé Robert-Henri Bautier et Janine Sornay permet d’en prendre aisément la mesure : de la série B des seules Archives départementales de Côte d’Or, les seuls comptes des châtellenies du duché prennent plus de 600 numéros d’inventaire et les ensembles les mieux conservés courent, certes non sans lacunes plus ou moins larges, pendant deux siècles, des années 1350 aux années 1550.

Mais aucune étude codicologique précise n’a jusqu’à présent vraiment été tentée sur ce type de document : les spécialistes de l’analyse formelle et matérielle des manuscrits, même ceux qui militent depuis les années 1980 en faveur d’une « codicologie quantitative » appliquée aux séries, ont surtout porté attention aux livres des bibliothèques et aux chartes plutôt qu’aux registres de gestion.

S’attacher à l’analyse du support et du format, du nombre et de l’organisation des cahiers, de la réglure et de la mise en page, de l’écriture et de l’organisation du texte, dans des registres administratifs conservés en séries bien datées et localisées, présente cependant quelque intérêt : celui de donner des arguments chiffrés pour discuter à la fois des buts poursuivis par l’administration émettrice et des compétences de ses agents. Y a-t-il des normes communes, sont-elles partout appliquées, comment évoluent-elles et comment en contrôle-t-on l’application ? Quelles sont les manières d’identifier, de classer et de compter qui sont alors utilisées pour gérer le temps, les biens et les personnes ? Telles sont les questions que l’on souhaite poser aux immenses séries d’archives comptables conservées au moins pour les deux derniers siècles du Moyen Âge, avec l’idée d’établir des comparaisons à l’échelle de l’Europe et des contacts avec les périodes antérieures et postérieures.

Une réunion fondatrice a été organisée le 10 octobre 2008 à l’Université de Lille 3 dans les locaux de l’Institut de recherches Historiques du Septentrion (UMR 8529-IRHiS). Elle a réuni 25 personnes qui ont défini cinq axes de recherches déclinés sur un ensemble de quatre tables-rondes et un colloque international , une édition électronique en ligne immédiate des débats et, au final, une publication papier.

Le travail est désormais lancé et l’actualité des membres du groupe de travail, riche désormais d’une cinquantaine de participants, est bien chargée.