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BIOGRAPHIES DES FIGURES EMBLÉMATIQUES DE L'UNIVERSITÉ


BERTRAND JEAN JACQUES (dit Achille)

Professeur de langue et littérature comparées (1884-1960)


ÉTUDES
Baccalauréat ès lettres à Montpellier en 1903 ; boursier de licence (1904-1905) à Bordeaux ; licence ès lettres ; service militaire (1906-1907) ; boursier d’agrégation (1908-1909) ; agrégation d’allemand en 1909 ; doctorat ès lettres en Sorbonne en 1914.

PARCOURS PROFESSIONNEL
Répétiteur au collège de Pezenas (avril 1907-octobre 1907) ; professeur d’allemand au lycée de Carcassonne (novembre 1909-1918) ; professeur au lycée de Toulouse (1918-1922) ; directeur de l’Institut français de Barcelone (octobre 1922-octobre 1925) ; professeur au lycée de Toulouse (octobre 1925-novembre 1925) ;
maître de conférences de langue et littérature allemandes à la faculté des lettres de Lille (26 novembre 1925) ; détaché pour cinq ans à partir du 1er décembre 1925 comme directeur de l’Institut français de Barcelone ; maître de conférences de langues et littératures comparées à Lille (octobre 1930) ; professeur de langues et littératures comparées à Lille (5 octobre 1931-1935  ; maintenu dans ses fonctions de directeur de l’Institut français de Barcelone à partir du 1er décembre 1930 (1930-1936) ; Le professeur Bertrand fut ainsi lors de son séjour lillois presque constamment détaché comme directeur de l’Institut français de Barcelone ; nommé directeur général de l’Instruction publique en Indochine (arrêté du 14 septembre 1935) ; nommé recteur de l’académie de Caen (décret du 26 août 1936) ; nommé directeur général de l’Instruction publique en Indochine (1938) ; nommé recteur de l’académie de Besançon (décret du 7 novembre 1938) ; retraite le 14 septembre 1945.

PRINCIPAUX OUVRAGES
Cervantès et le romantisme allemand (thèse, 1914) ; Barcelone, cité d’art et de sciences (1932) ; Sur les vieilles routes d’Espagne (1932) ; La littérature catalane contemporaine : 1833-1933 (1933) ; L. Tieck et le théâtre espagnol.

REMARQUES COMPLÉMENTAIRES
« Germaniste d’origine, il est en même temps, un comparatiste distingué » (séance du conseil de la faculté des lettres de Lille du 3 octobre 1930) ; « Monsieur Bertrand est d’une infatigable activité ; c’est un des plus grands travailleurs que je connaisse. Il s’est un peu dispersé mais toujours pour l’intérêt de la culture française en Catalogne. L’institut de Barcelone est une ruche » (rapport de notation daté de mai 1930).

Achille Bertrand demande dès 1936 à rentrer définitivement en France. Dans une lettre datée du 3 février 1938 et adressée au directeur de l’Enseignement supérieur, il écrit : « très éprouvé par le climat colonial, je ne peux envisager, pour des raisons de famille, une prolongation de mon détachement au-delà des dates normales ». L’une de ses filles, douée en mathématiques, désire poursuivre ses études en France. Un autre courrier du professeur Bertrand, posté à Hanoï, le 21 septembre 1938 et adressé au Ministre, propose sa nomination à la tête de l’académie de Bordeaux : « j’ai accepté de venir en Indochine pour répondre à votre appel ; j’ai fait ici une tâche pénible et importante qui est la réforme générale de l’enseignement. Je crois avoir remis l’ordre et la paix dans l’œuvre scolaire de ce pays. Mon retour en France pose pour mes enfants un problème difficile. La réacclimatation de mes filles, nées dans les pays chauds, ayant toujours vécu en serre chaude, me donne quelques inquiétudes. La toute dernière qui n’a que trois ans, exigera en particulier quelques précautions. Un climat trop rigoureux risquerait de compromettre la santé de l’une et des autres. Le climat de Bordeaux conviendrait parfaitement à cette adaptation [...]. J’ai du reste des attaches avec cette ville où j’ai fait mes études supérieures ».

Il connaît de sérieux problèmes à la Libération au moment de l’épuration. Une note interne au Ministère, pendant la Seconde Guerre mondiale signale son dévouement au régime de Vichy en ces termes : « De premier ordre. Grande expérience, acquise en organisant ou en réorganisant l’enseignement français en Indochine et en Espagne. Germaniste. Entièrement acquis à la politique du Gouvernement. Doit être promu à un rectorat important ; pourrait faire un remarquable directeur primaire ou secondaire. À pousser au maximum ». (Arch. nat., F17 13361, Papiers Bonnard).

Les biographies présentées sont en majorité extraites du livre de
J.F. Condette, Les Lettrés de la république - dictionnaire biographique
[en ligne]