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BIOGRAPHIES DES FIGURES EMBLÉMATIQUES DE L'UNIVERSITÉ


HILLEBRAND KARL-ARNOLD

Professeur de langue étrangère (1829-1884)


ÉTUDES
Études en Allemagne ; cours de droit à l’université de Giessen ; brevet de capacité pour l’enseignement de l’allemand en lycée en 1848 ; étudiant à la faculté des lettres de Bordeaux (philologie, histoire et littérature) ; licence ès lettres à la faculté des lettres de Bordeaux en 1857 ; agrégation d’allemand en 1860 (3e) ; docteur ès lettres en Sorbonne le 29 juillet 1861 ; connaît l’allemand, l’anglais, l’italien l’espagnol, le grec et le latin.

PARCOURS PROFESSIONNEL
Secrétaire d’Henrich Heine à Paris (1850-1851) ; professeur d’allemand aux lycées de Bordeaux, de Nantes, de Versailles (1851-1863) ; professeur à l’École impériale militaire spéciale de Saint Cyr (1863) ;
chargé de cours de langue et littérature étrangères à la faculté des lettres de Douai (22 juillet 1863) ; titulaire de la chaire de langue étrangère à la faculté des lettres de Douai (28 avril 1866) ; correspondant de presse et écrivain résidant en Italie de 1870 jusqu’à sa mort.

PRINCIPAUX OUVRAGES
Dino Compagni : Étude historique et littéraire sur l’époque de Dante (thèse, 1861) ; Des conditions de la bonne comédie (1863) ; Traduction de l’histoire de la littérature grecque d’Otfrield Müller (1865) ; La Prusse contemporaine et ses institutions (1867) ; De la réforme de l’enseignement supérieur (1868) ; Zeiten, Völker und Menschen (7 vols 1873-1885 : essai biographique et sociologique) ; Frankreich und die Franzosen in der zweiten Hälfte des 19.Jh (1874) ; Geschichte Frankreichs von der Thronbesteigung Louis Philippes bis zum Falle Napoléons III (1877 à 1879) ; Wälsches und Deustches (1892) ; articles nombreux dans la Revue Critique, le Journal des Débats ; la Revue des Deux Mondes ; Le Temps

REMARQUES COMPLÉMENTAIRES
Lors de ses études à Giessen, il se joint au mouvement étudiant révolutionnaire de 1848, participe à des combats de rues et à des barricades à Frankfurt/Main. Il est condamné à mort et déclaré prisonnier en fuite. Il s’échappe par Strasbourg et vient en France où il est un temps secrétaire d’Heinrich Heine (1850) à Paris ; il reprend alors des études. Admis à résider en France par décret du 10 février 1858, naturalisé français en 1866. Le professeur Hillebrand habite Paris et a de multiples liens avec les milieux littéraires de la capitale où il fréquente beaucoup les salons mondains (« Homme du monde autant qu’homme d’étude », signale le rapport confidentiel du doyen pour l’année 1864).
En relation avec les universités autrichiennes, il se voit confier une mission d’étude sur l’organisation de l’enseignement supérieur en Autriche ; les universités autrichiennes mettent à sa disposition un certain nombre d’ouvrages et d’articles en 1865-1866 (lettre du Prince de Metternich à l’ambassadeur d’Autriche en France ; 13 janvier 1867, Archives nationales, F17 20955).
Il donne sa démission de l’Université française par une lettre du 29 septembre 1870 pour « rejoindre la Prusse ». (sur la couverture de son dossier de fonctionnaire est noté en travers) : « démissionnaire ; retourné à la Prusse en 1871 ». Il devient correspondant du Times puis s’installe à Florence comme critique littéraire. Cette version des faits est revue après la guerre de 1870.
Dans un article que lui consacre G. Monod dans la Revue historique (janvier-avril 1887, p. 307-312, compte rendu d’un article de M.P. Villari dans la Rivista Storica Italiana), celui-ci insiste sur le fait qu’Hillebrand n’a pas trahi « ses deux patries » et s’est tenu à l’écart des querelles politiques. « Au moment où la guerre éclata entre la France et l’Allemagne, il fut, à Douai, au milieu de l’effervescence populaire, l’objet de menaces et même de mauvais traitements ; il ne se crut pas en sûreté en France malgré sa qualité de Français naturalisé et se retira dans un pays neutre, en Italie, à Florence [...]. Il ne tarda pas à se former dans le public et dans la presse une véritable légende d’après laquelle Hillebrand, oubliant tout ce qu’il devait à notre pays et la qualité de français qu’il avait sollicitée, aurait violemment pris parti contre nous, aurait été à Florence l’ami et l’un des conseillers de l’ambassadeur prussien [...] et aurait soufflé la haine contre la France dans des correspondances du Times, de la Gazette d’Augsbourg et de la Gazette de Cologne » (p. 307). Tout ceci s’avère faux selon Monod.

Les biographies présentées sont en majorité extraites du livre de
J.F. Condette, Les Lettrés de la république - dictionnaire biographique
[en ligne]