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BIOGRAPHIES DES FIGURES EMBLÉMATIQUES DE L'UNIVERSITÉ


MARTEL ANTOINE

Maître de conférences de langues et littérature polonaise et russe (1899-1931)


ÉTUDES
Études secondaires au lycée de Versailles (1910-1915) puis au lycée Louis-le-Grand de Paris (1915-1917) ; baccalauréat ès lettres ; étudiant en Sorbonne ; admissible à l’École normale supérieure en 1918 (ne peut se présenter à l’oral pour des raisons de santé) ; licence ès lettres en Sorbonne en 1918 ; agrégation de grammaire en 1920 (1er) ; membre de l’École des langues orientales (1920-1922) ; le professeur Boyer l’initie au russe et M.A. Meillet au slave ancien ; Henri Grappin lui apprend le polonais ; diplômé de l’École des langues orientales vivantes (pour le russe en 1923 et pour le polonais en 1924) ; pensionnaire de la Fondation Thiers (octobre 1922) ; cours à l’École pratique des Hautes Études et au Collège de France ; thèse pratiquement achevée mais non soutenue à cause de son décès prématuré. Nombreux séjours en Pologne (1922 puis 1923 ; mars à octobre 1925) ; séjour en Russie (octobre 1926- mars 1927).

PARCOURS PROFESSIONNEL
Chargé de cours de langues et littératures russes et polonaises à la faculté des lettres de Lille (octobre 1927) en remplacement d’André Lirondelle qui vient d’être nommé recteur d’académie ; maître de conférences de langues et littératures polonaise et russe à la faculté des lettres de Lille en 1930.

PRINCIPAUX OUVRAGES
Anthologie de la littérature ukrainienne (1930) ; Michel Lomonosov et la littérature russe (1933) ; Lettres et témoignages (1938) ; Sa thèse fut éditée après sa mort en 1938 : La langue polonaise dans les pays ruthènes : Ukraine et Russie blanche. Articles dans la Revue des Études slaves ; responsable dans cette revue des publications ukrainiennes.

REMARQUES COMPLÉMENTAIRES
« À la fois polonisant, russisant et ukraïnisant » (Revue des Études slaves, 1931, p 285). L’un des fondateurs de la Société des slavisants ; membre de l’Institut d’études slaves de la Sorbonne. « Philologue, Monsieur Martel était de ces linguistes qui savent atteindre l’âme des langues et retrouver l’esprit toujours vivant sous la lettre » (L’Écho du Nord du 18 octobre 1931).
Le directeur de l’École des langues Orientales, Paul Boyer, met ce jeune catholique en relation avec le père lazariste Fernand Portal, l’animateur du groupe « Tala » de l’École normale supérieure qui lui fait partager sa passion pour l’Unité des Églises. Antoine Martel, en préparant sa thèse, s’efforce de faire aimer l’âme russe et de favoriser le rapprochement entre Catholiques et Orthodoxes. À la Fondation Thiers en 1923, Robert Garic et Pierre Deffontaines lui font découvrir les Équipes Sociales ; il retrouve Deffontaines à Lille et l’aide à diriger les équipes du Nord ; il anime les retraites et les cercles d’études, dirige de petits groupes de lecture de l’Évangile, associant intellectuels, employés et ouvriers. « Il ne garde rien pour lui, ni temps ni argent. Tout homme est vraiment son frère [...]. La carrière de Martel est toute tendue par ce glissement du plan intellectuel vers le plan surnaturel [...]. La grande vibration spirituelle de Martel, c’était la charité [...]. Martel a limité au nécessaire le plus strict, ses besoins personnels. Il est toujours le dernier servi. Il ne se reconnaît pas le droit d’acheter un costume s’il n’a pas auparavant vêtu un pauvre. Il mange dans les restaurants à 3 francs et fréquente les ouvriers [...]. Quand Pierre Deffontaines se marie, Martel s’installe dans les environs mais sa maison n’est pas pour lui seul. Il y recueille des malades, des chômeurs, des étudiants » (A. Martel, Lettres, op. cit.).
« En 1926, le Guépéou le considère comme suspect, peut-être à cause de l’intérêt qu’il porte à l’Église orthodoxe [...]. En tout cas, de Moscou où il séjournait, il est emmené à Odessa [...] par deux gardes rouges qui ne lui donnent aucune explication. Alertée, l’ambassade de France parvient à éviter la catastrophe »
(Lettres, notes intimes et témoignages : Antoine Martel, Paris, Éditions de la Revue des jeunes, 1948, p. 15)

Les biographies présentées sont en majorité extraites du livre de
J.F. Condette, Les Lettrés de la république - dictionnaire biographique
[en ligne]