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BIOGRAPHIES DES FIGURES EMBLÉMATIQUES DE L'UNIVERSITÉ


FLAMMERMONT JULES

Professeur d'histoire-géographie de l'Antiquité et du Moyen Âge (1842-1899)


ÉTUDES
Lycée d’Amiens ; baccalauréat ès lettres ; suit divers cours à l’École pratique des Hautes Études et à l’École des chartes (1873) ; diplôme d’archiviste paléographe le 22 janvier 1878 ; diplômé de l’École pratique des Hautes Études ; travaille le latin et le grec par lui-même puis passe sa licence ès lettres en 1882 à 30 ans ; doctorat ès lettres le 20 février 1884 en Sorbonne.

PARCOURS PROFESSIONNEL
Répétiteur aux lycées de Rouen, Sens puis Orléans (1871-1873) ; bibliothècaire-archiviste de la ville de Senlis et du château de Chantilly, (secrétaire du duc d’Aumale) ; mission scientifique en 1883-1884 (Archives de Vienne et Berlin) ; chargé de cours à la faculté des lettres de Poitiers (14 juin 1884) ;
chargé de cours à la faculté des lettres de Douai (18 septembre 1886) ; professeur d’histoire et de géographie de l’Antiquité et du Moyen Âge à la faculté des lettres de Douai (10 février 1887) ; professeur d’histoire à la faculté des lettres de Lille (décret du 2 août 1893) ; chargé du cours d’histoire locale sur Lille.

PRINCIPAUX OUVRAGES
Histoire de Senlis pendant la seconde partie de la guerre de Cent Ans (1405-1441) (1879) ; Histoire des institutions municipales de Senlis (1881) ; Le chancelier Maupéou et les parlements (thèse en Sorbonne, 1883) ; Lille et le Nord au Moyen Âge (1888) ; Les remontrances du Parlement de Paris au XVIIIe s. (3 vols, 1888-1898) ; Le manuscrit des mémoires de Talleyrand (1892) ; Album paléographique du Nord de la France (1896) ; Correspondance des ambassadeurs impériaux en France au XVIIIe s. (1896) ; Histoire de l’industrie à Lille (1897) ; Histoire de Louis XIV et de Marie-Antoinette (inachevée). Articles nombreux dans les revues (en particulier dans la Revue historique, dans Révolution française).

REMARQUES COMPLÉMENTAIRES
S’engage en faveur du transfert des facultés douaisiennes à Lille (mémoire publié en 1887: La concentration des facultés : la question de Douai-Lille) ; il a longtemps refusé que l’on spécialise sa chaire, voulant à la fois travailler en histoire moderne et en histoire médiévale Flammermont, au moment de la transformation de sa chaire, en 1893, ne veut pas être nommé professeur d’histoire moderne mais simplement d’histoire afin de pouvoir retourner à son gré vers le Moyen Âge : « jamais en réalité Flammermont n’avait songé à spécialiser rigoureusement ses études » (Bull. Univ. Lille, 1900). En conflit ouvert avec le doyen Léon Moy qui refuse de remplir sa fiche d’évaluation annuelle. De multiples rapports signalent son caractère qui « on le sait, manquait totalement de souplesse [...]. S’il était bourru et irritable [...], il était juste [...]. Il était la terreur de ce pauvre être effaré qu’est le candidat au baccalauréat mais sa mauvaise humeur venait du sentiment [...] qu’on lui imposait un travail pour lequel il n’était pas fait » (idem).
Les doyens successifs de la faculté tout comme les recteurs insistent sur « sa brusquerie » (notation 1899) et « son manque d’indulgence et d’humanité » (rapport 1897-1898 par Auguste Angellier). Charles Bayet (recteur) note le 2 juin 1893 : « Monsieur Flammermont s’était mêlé aux luttes locales. Il avait été candidat (malheureux) lors des élections municipales, collaborateur du Réveil du Nord, journal socialiste. Il paraît avoir renoncé à ce rôle. Il vit dans l’isolement, travaille pour lui et vit assez détaché de la faculté. Il a été froissé que cette année Monsieur Fabre obtint le droit d’enseigner l’histoire du Moyen Âge ».
Le recteur, très sévère sur les qualités d’enseignant de Jules Flammermont demande plusieurs années durant sa mutation : « Je demande que Monsieur Flammermont qui est un habile chercheur, trouve dans un dépôt d’archives ou dans une bibliothèque un poste à sa convenance. Je souhaite surtout qu’il quitte la faculté de Lille où il entretient la discorde et empêche l’organisation de l’enseignement historique ».
En mai 1896, le même recteur signale cependant : « Monsieur Flammermont s’est tempéré ; il prend part à la vie commune de la faculté ; il a des allures d’ours apprivoisé ; c’est d’ailleurs un laborieux dont les travaux ont une réelle valeur. Au dehors, en coquetterie avec les radicaux-socialistes qui occupent la municipalité, il s’affiche moins que par le passé ».
Flammermont refuse sa nomination en tant qu’officier d’académie, rejetant « ces palmes » qu’il estime beaucoup trop tardives (lettres diverses en 1895).

Les biographies présentées sont en majorité extraites du livre de
J.F. Condette, Les Lettrés de la république - dictionnaire biographique
[en ligne]


Petit-Dutaillis Charles, "Notes sur la vie et les travaux de Jules Flammermont", Bilbiothèque de l'École des Chartes, 1900, vol. 61, p. 12-19 [En ligne]