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BIOGRAPHIES DES FIGURES EMBLÉMATIQUES DE L'UNIVERSITÉ


PENJON AUGUSTE

Professeur de philosophie (1843-1919)


ÉTUDES
Lycée d’Avignon ; baccalauréat ès lettres ; École normale supérieure (1863 à 1866) ; licence ès lettres en Sorbonne ; agrégation de philosophie en 1866 ; thèse de doctorat ès lettres soutenue en Sorbonne le 27 décembre 1878 : L’infini chez Leibniz. La thèse principale est assez vivement critiquée par le jury qui note que « la bizarrerie de l’opinion n’a pas paru suffisamment compensée par la force et la profondeur des vues [...]. Sa pensée est plus de bizarreries que d’originalité [...]. S’il inculque à des élèves les principes ultra-idéalistes qu’il a manifestés pour sa thèse française, on ne peut que redouter les conséquences d’un pareil enseignement [...]. Le représentant de la doctrine idéaliste extrême [...]. Il ne croit pas que l’on puisse connaître autre chose au monde que le moi et ses idées [...]. Son admission au grade de docteur n’était cependant pas douteuse : On pouvait critiquer le système ; on ne pouvait qu’affirmer le talent ».

PARCOURS PROFESSIONNEL
Professeur au lycée de Mâcon (1866-1867) ; professeur de philosophie et de morale à l’école normale de Cluny (1867-1873) ; professeur de philosophie au lycée de Besançon (1873) ; chargé de cours de philosophie à la faculté des lettres de Toulouse (1873-1880) ; suppléant de Gabriel Compayré à la faculté des lettres de Toulouse (janvier à septembre 1881) ;
chargé de cours à la faculté des lettres de Douai en 1881-1882 (décès de Tissandier) ; professeur titulaire de la chaire de philosophie à la faculté des lettres de Douai (17 octobre 1882) ; retraite en avril 1913.

PRINCIPAUX OUVRAGES
Avignon : la ville et le palais des papes (1878) ; Étude sur la vie et les œuvres philosophiques de G. Berkeley (1878) ; L’infini chez Leibniz (1878) ; Cluny : la ville et l’abbaye (1884) ; Traduction des principes généraux de psychologie physiologique de H. Lotze (1886) ; Xénophon : Mémorables (livre I, 1886) ; traduction du philosophe russe A. Spir : pensée et réalité : essai d’une réforme de la philosophie critique (de l’allemand, 1887) ; Précis d’histoire de la philosophie (1896) ; articles nombreux dans la Revue Philosophique.

REMARQUES COMPLÉMENTAIRES
En conflit ouvert avec le doyen Léon Moy auquel il ne pardonne pas son soutien au transfert de 1887 ; il y a aussi des querelles intestines liées aux prétentions des uns et des autres en ce qui concerne le décanat ; intenses querelles surtout en 1889-1891 où il soutient son collègue Émile Thomas. Le doyen Moy écrit : « caractère un peu difficile » (1890), « protestataire intransigeant, entraîné dans une coterie » (1891). Correspondant de l’Académie des Sciences Morales et Politiques. Pendant la Première Guerre mondiale, il redouble d’activités malgré son grand âge ; il s’occupe de la bibliothèque municipale de Douai et continue à donner quelques heures de cours à la faculté lilloise tout en s’occupant de l’organisation du baccalauréat. Il est emprisonné dans les cachots de Cuincy puis évacué de force par les Allemands, enfermé au fond d’une péniche jusqu’à Orchies en 1918.

Les biographies présentées sont en majorité extraites du livre de
J.F. Condette, Les Lettrés de la république - dictionnaire biographique
[en ligne]