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BIOGRAPHIES DES FIGURES EMBLÉMATIQUES DE L'UNIVERSITÉ


PINLOCHE JOACHIM-AUGUSTE

Professeur de langue et littérature allemandes (1889-1898)


ÉTUDES
Prend des cours du soir à l’Association philotechnique de Paris (1871-1880) ; commence ses études secondaires à 22 ans ; bachelier ès sciences (1878) ; bachelier ès lettres (1879) ; étudiant en Sorbonne (1880-1883) ; certificat d’aptitude à l’enseignement de la langue allemande (1880) ; agrégation d’allemand en 1883 ; doctorat ès lettres en Sorbonne le 21 mars 1890.

PARCOURS PROFESSIONNEL
Quitte l’école primaire à treize ans pour travailler chez un mercier comme employé ; son père meurt en 1871 ; il s’occupe de sa famille et travaille comme apprenti miroitier puis comme employé dans une grande maison d’exportation (1875-1880) ; le soir, il suit les cours de l’Association philotechnique ; délégué pour l’enseignement de l’allemand au collège de Beauvais (1880) ; professeur d’allemand au collège de Beauvais (1880) ; délégué pour l’enseignement de l’allemand au lycée Charlemagne de Paris (1882) ; professeur au lycée de Rennes (1883-1889) ; chargé de cours de langue et littérature allemandes à la faculté des lettres de Rennes (1887) ; en congé d’inactivité en 1887-1888 ;
chargé de cours de langue allemande à la faculté des lettres de Lille (1889) ; maître de conférences de langue et littérature allemandes à la faculté lilloise (1890) ; professeur de langue et littérature allemandes à la faculté des lettres de Lille (30 janvier 1892-juin 1898) ; professeur au lycée Charlemagne à Paris (25 juillet 1898-1908) ; professeur au lycée Michelet (1908-1909) ; maître de conférence à l’École polytechnique ; détaché au lycée Pasteur en 1914-1918 ; maître de conférences à l’École polytechnique ; retraite le 27 mai 1924 ; demeure examinateur d’admission (1929-1935).

PRINCIPAUX OUVRAGES
Leçons pratiques de langues allemandes (plusieurs éditions, 1889) ; Basedow et le philanthropinisme (1889) ; La réforme de l’éducation en Allemagne au XVIIIe s. (thèse, 1890) ; Principales œuvres pédagogiques de Herbart Johann Friedrich (traduction, 1894) ; L’enseignement secondaire en Allemagne d’après les documents officiels (1900) ; De l’enseignement des langues vivantes dans les lycées et collèges : essai d’orientation pédagogique basé sur l’histoire et sur l’expérience (1901) ; Pestalozzi et l’éducation populaire moderne (1902) ; Des limites de la méthode directe (1909) ; Nouvelle pédagogie des langues vivantes (1927) ; Fourier et le socialisme (1933) ; Deutsch-Französisches Wörterbuch : Dictionnaire allemand-français et français-allemand (1934).

REMARQUES COMPLÉMENTAIRES
Conseiller municipal à Rennes ; président fondateur d’une société de gymnastique et de tir (1884) ; un temps déclaré candidat à la députation, il doit quitter Rennes à cause de ses liens avec les boulangistes.
« Obligé de quitter Lille dont le climat était funeste à la santé de sa femme » (Association philotechnique). Le 31 décembre 1934, Auguste Pinloche est fait officier de la Légion d’Honneur. L’Association philotechnique organise alors une réception dont nous pouvons retrouver les discours dans Association philotechnique, Une page d’histoire philo-technique et sociale, Auxerre, 1935, 20 p. : « Il s’est hissé jusqu’aux plus hauts échelons d’une carrière à laquelle rien ne le destinait par sa naissance. La truelle de maçon que son père rêvait de lui léguer, s’est, entre ses mains, changée en plume d’écrivain [...]. Représentez-vous donc un chétif gamin jeté, à treize ans, sur le pavé de Paris avec une instruction moins que primaire (n’ayant même pas pu fréquenter l’école communale), sachant tout juste lire, écrire et compter [...] et des parents incapables de le nourrir — le père maçon, ayant été victime d’un grave accident du travail (rupture de la colonne vertébrale) dont il mit quatre ans à mourir, traînant d’hôpital en hôpital [...] et la mère [...], obligée de suppléer aux secours de misère notoirement insuffisants distribués par l’Assistance publique [...] en faisant des ménages parce que son métier de brunisseuse, détruit par le machinisme, ne la nourrissait plus ». Il est alors placé dans une petite boutique de mercerie de la rue Saint-Denis où il sert de « galopin à tout faire » (laver, nettoyer la boutique, colporter les publicités, livrer : 14 heures par jour, de 7 heures à 21 heures). Auguste Pinloche travaille ensuite dans une fabrique de « miroiterie et d’étain en feuilles pour chocolats et pour l’étamage des glaces ». Ce travail lui permet d’être libre à 19 heures et de bénéficier du repos du dimanche. Il en profite alors pour suivre les cours du soir de l’Association philotechnique (créée en 1848) au lycée Charlemagne ; « je me jetai comme un affamé sur tous les cours qui me paraissaient à ma portée » ; il commence les cours d’allemand en 1871.

Les biographies présentées sont en majorité extraites du livre de
J.F. Condette, Les Lettrés de la république - dictionnaire biographique
[en ligne]