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- Les collections de dessins au XVIIIe siècle


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Thèse en cours

Collectionner le dessin en France au XVIIIe siècle - sous la direction de Patricl Michel


Expérience professionnelle - Responsabilités collectives - Sociétés savantes

Médiatrice culturelle, Lille 3000

 

Les collections de dessins en France au XVIIIe siècle
Jusqu’au milieu du XVIIIe siècle les amateurs de dessins étaient relativement peu nombreux. Comme le souligne Edme-François Gersaint dans le Catalogue de la vente de Quentin de Lorangère en 1744, on se livrait à cette époque « difficilement à ce genre de curiosité, qui ne pique ordinairement que ceux qui ont acquis cette connaissance nécessaire pour en sentir toutes les beautés »1. Notons également que le dessin a longtemps été considéré comme une « oeuvre préparatoire (étude raisonnée ou esquisse), subordonnée à l’oeuvre finale : on le trouve surtout dans les ateliers des artistes»2. Comme le démontrent les différentes études de Charlotte Guichard3, de Marianne Roland Michel4 ou de Patrick Michel5, le regard sur le dessin évolua clairement au cours du XVIIIe siècle. Le dessin se détacha ainsi progressivement « de la sphère professionnelle de l’atelier pour rejoindre le cabinet de l’amateur »6. Ainsi le XVIIIe siècle ne se caractérise pas uniquement par une production importante de dessins mais également par leur appréciation et par le nombre croissant des amateurs. L’une des ventes qui éveilla ce goût pour le dessin en France au XVIIIe siècle fut probablement celle de Pierre Crozat en 1740, qui réunissait 19000 feuilles et qui fut la plus grande collection jamais assemblée.
Le catalogue de cette collection, rédigé par Pierre-Jean Mariette en 17417, servit d’ailleurs de modèle à tous les auteurs de catalogues de dessins au XVIIIe siècle.
Ce travail sur les collections de dessins en France au XVIIIe siècle tentera de définir dans un premier temps quels collectionneurs étaient de véritables amateurs de dessins et quels types de feuilles étaient particulièrement recherchés à cette époque. Comme le souligne Antoine-Joseph Dézallier d’Argenville, les dessins se divisent « en cinq espèces ; il y a des pensées, des desseins arrêtés, des études, des académies, et des cartons »8. Les catalogues de ventes seront une source d’information essentielle pour cette partie du travail. Notons également, que différentes études sont déjà consacrées à de grandes collections du XVIIIe siècle, telle que celles de Pierre Rosenberg , de Roseline Bacou ou 9 10 de Françoise Arquié-Bruley, de Lise Bicart-Sée et de Jacqueline Labbe11. Ces différentes source spermettront également de découvrir quels artistes étaient particulièrement appréciés au XVIIIe siècle. On tentera de cerner si comme pour la peinture, on décèle un goût certain pour les dessins des Ecoles du Nord au détriment des Ecoles italiennes. De même, Patrick Michel souligne dans son article que la seconde grande tendance du marché du dessin « est la percée remarquable des feuilles des Maîtres de l’Ecole française et plus particulièrement celles des jeunes représentants de cette école »12. Notons que les catalogues de ventes ne donnent pas uniquement des informations sur les dessins eux-mêmes mais également sur la
façon dont ceux-ci étaient rangés, classés et présentés. Le premier auteur qui avança un système d’organisation des collections fut Antoine-Joseph Dézallier d’Argenville, lui-même grand collectionneur de dessins. En 1727, il fait ainsi paraître dans le Mercure de France sa Lettre sur le choix et l’arrangement d’un cabinet curieux13. Dans ce texte, l’auteur préconise un rangement en différents volumes ou portefeuilles par école et par genre (paysage, marines, animaux, grotesques…). On remarque cependant, dans de nombreux catalogues de ventes du XVIIIe siècle, que certains dessins n’étaient pas rangés dans des portefeuilles mais mis « sous-verre ». Catherine Monbeig Goguel se penche d’ailleurs plus particulièrement sur cette question et souligne que le dessin encadré « cessant d’être une étude devient un véritable petit tableau »14. Cette étude tentera ainsi de mettre en valeur quelles pièces étaient jugées assez exceptionnelles à cette époque pour s’élever au même rang que la peinture.
Une seconde partie de mes recherches sera consacrée plus particulièrement au marché de l’art. Cette évolution du goût pour le dessin eut inévitablement des répercussions sur le marché et comme le souligne Patrick Michel « Paris devint une véritable plaque tournante internationale du commerce du dessin »15. Il s’agira de comprendre tout d’abord de quelles façons on acquérait des dessins à Paris à cette époque (achat auprès d’un collectionneur, les ventes publiques, l’achat direct aux artistes contemporains, le marché en boutique…) et quels prix ceux-ci pouvaient atteindre. Différents marchands mériteront d’être mentionnés tels que Gabriel Huquier , Pierre-Charles Alexandre Helle ( ?-1767), 16 François Joullain (1697-1778), Jean-Baptiste Glomy, qui a d’ailleurs laissé son nom à une technique de montage de dessins dits « glomisés » ou « églomisés »17. Les marchés étrangers étaient également des sources d’approvisionnement importantes. Les collectionneurs, tels que Crozat, envoyaient des commissionnaires aussi bien à Londres qu’à Amsterdam, ce qui explique qu’une partie importante des dessins qui circulent sur le marché parisien ont une provenance étrangère. Rappelons également que des échanges ou transferts entre collectionneurs étaient fréquents et sont aujourd’hui assez mal connus, ayant laissé peu de traces dans les archives.
Enfin, cette étude sur les collections tentera de mettre en valeur si ce goût pour le dessin est souvent associé à une pratique en amateur, comme on le remarque avec Claude-Henri Watelet, collectionneur important, connu pour ses dessins et eauxfortes d’après Rembrandt. Le Comte de Caylus, lors de sa conférence intitulée Del’Amateur en 1748, soulignait qu’il était selon lui « indispensable à l’amateur de copier en tout genre, de dessiner et de peindre » afin de « sentir les finesses et les beautés des grands Maîtres »18. Au XVIIIe siècle l’enseignement du dessin connaît vraisemblablement un essor important et devient une discipline obligée des jeunes gens de la Haute Société. Selon Charlotte Guichard19 , les livres à dessiner témoignent des nouveaux usages sociaux du dessin, qui participe au divertissement et au délassement des élites.
Ainsi, nous pouvons considérer que cette question des collections de dessins en France au XVIIIe siècle a été étudiée partiellement à différentes reprises. Cependant, il n’existe actuellement en France aucune étude comparable à celle réalisée par Michiel Plomp20 consacrée aux collectionneurs hollandais de dessins.
Ce travail aura donc comme objectif de présenter une vision plus globale et plus approfondie des collections de dessins au XVIIIe siècle afin de déterminer quelles furent les grandes collections de dessins en France, quels artistes étaient particulièrement appréciés, de quelles façons on acquérait des dessins de qualité et plus globalement encore quelle était la fonction sociale de ces collections, qui pouvaient être accessibles aux visiteurs et sujets de débats entre amateurs avertis.

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1 1744, GERSAINT, Edme-François, Catalogue raisonné des diverses curiosités du Cabinet de feu M. Quentin de Lorangère, Paris, 1744, p.18
2 GUICHARD Charlotte, Les amateurs d'art à Paris au XVIIIe siècle, Seyssel : Champ Vallon, 2008
3 Ibid.
4 ROLAND MICHEL, Marianne, Le dessin français au XVIIIe siècle, Fribourg, office du Livre, Paris, Vilo, 1987
5 MICHEL, Patrick, « Collection de dessins et marché de l’art en France au XVIIIe siècle », dans Liber Memorialis Erik Duverger, Wetteren, Universa press, 2006, p. 169-220
6 ibid
7 MARIETTE, Pierre-Jean, Description de la collection CROZAT, Genève, 1ère éd. 1741, Minkoff Reprint, 1973
8 DEZALLIER d’ARGENVILLE, Antoine-Joseph, Abrégé de la vie des plus fameux peintres avec leurs portraits en taille-douce, Les indications de leurs principaux ouvrages, quelques réflexions sur leurs caractères et la manière de connoître les desseins et les tableaux des grands maîtres, édition : 1745, 2e éd : Paris : chez De Bure l’aîné, 1762, Genève : MINKOFF REPRINT, 1972, p.xvij
9 ROSENBERG, Pierre, Les dessins de la collection de Pierre-Jean Mariette : Ecole française, en collaboration avec Laure Barthélemy-Labeeuw, Napoli, Electa, 2010
10 BACOU, Roseline, « Le marquis de Lagoy grand collectionneur du Dix-huitième siècle » dans L’oeil, 1962, n°91-92, p. 46-53
11 ARQUIE-BRULEY, Françoise, BICART-SEE, Lise, LABBE, Jacqueline, La collection Saint-Morys au Cabinet des dessins du Musée du Louvre, Paris, édition de la Réunion des musées nationaux, 1987
12 MICHEL, Patrick, op. cit. note 5, p. 206
13 DEZALLIER d’ARGENVILLE, Antoine-Joseph, « Lettre sur le choix et l’arrangement d’un cabinet curieux en 1727 », Revue Universelle des Arts, t. 18, 1863
14 MONBEIG GOGUEL, C. « Le dessin encadré », Revue de l’ Art, n°76, 1987,p. 26
15 MICHEL, PATRICK, op. cit. note 5, p. 182
16 BRUAND, Yves, « Un grand collectionneur marchand et graveur du XVIIIe siècle : Gabriel Huquier (1695-1772), dans la Gazette des Beaux-arts, 1950, p.99-114
17 GUTH, Paul, « Toute la vérité sur le verre églomisé », Connaissance des Arts, n°66, 1957, p. 28-31
18 CAYLUS, Anne Claude Philippe de TUBIERES-GRIMOARD de PESTELS de LEVIS, comte de, Vies d’artistes du XVIIIe siècle, Discours sur la Peinture et la Sculpture, Salons de 1751 et de 1753, Lettres à Lagrenée, Publiés avec une introduction et des notes par André Fontaine, Paris, Renouard, H. Laurens, 1910,p. 122
19 GUICHARD, Charlotte, « Les livres à dessiner à l’usage des amateurs à Paris au XVIIIe siècle », Revue de l’Art, n°143, 2004, p.49-58
20 PLOMP, Michiel C., Collectionner passionnément. Les collectionneurs hollandais de dessins au XVIIIe siècle, Paris, Fondation Custodia, 2001

 

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